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La biodiversité de l’île de Ré passée au peigne fin

À partir de ce mois de février 2026 et pour une durée de 2 ans, les habitats, la faune et la flore de l’île de Ré font l’objet d’un recensement à l’initiative de la Communauté de communes. 

Combien d’espèces de poissons sont présentes dans les marais ? L’île de Ré abrite-t-elle beaucoup de vipères ? Et qu’en est-il des insectes ? 

Voici, en substance, certaines des questions auxquelles la Communauté de communes apportera des réponses grâce à ses “inventaires de la biodiversité”. 

Réalisés à partir de ce mois de février 2026, ils consistent à passer au peigne fin la faune et la flore locales.  

Mieux connaître pour mieux préserver

« Un précédent inventaire a été réalisé en 2014 et nous avons besoin d’actualiser nos données”, explique Jean-Alexandre Fortier, écogarde à la Communauté de communes (CDC). 

Celles-ci sont en effet indispensables à la CDC pour lui permettre de bien gérer les espaces naturels.“Pour préserver la biodiversité, nous devons d’abord la connaître”, appuie l’écogarde. 

Selon les résultats obtenus, des préconisations en matière de préservation de la biodiversité pourraient être intégrées au Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi), en cours de révision. 

Cartographier les habitats

Avant de s’intéresser aux espèces animales et végétales, une attention particulière sera portée sur les habitats situés dans des espaces naturels, urbains et péri-urbains. 

Quels sont-ils ? Quelle est la superficie des dunes boisées, des lagunes ou autres prés salés ? Quel est leur état de conservation 

“D’une durée de deux ans, ce travail est très important”, précise Jean-Alexandre Fortier. “Car, pour protéger les espèces, il faut d’abord bien préserver les habitats qui les abritent”. 

Insectes, amphibiens et lis maritime

Côté flore, les naturalistes missionnés par la Communauté de communes scruteront d’un peu plus près les espèces dites patrimoniales, protégées ou rares. C’est le cas, par exemple, de l’oeillet des dunes, du lis maritime ou encore du trèfle étoilé. 

Côté faune, les inventaires porteront, entre autres, sur : 

  • les amphibiens, et en particulier le crapaud calamite dont la présence est attestée dans les communes du Sud de l’île 
  • la vipère aspic, une espèce dont les effectifs déclinent à l’échelle nationale. “Elle a besoin d’habitats très spécifiques. Ces derniers représentent donc un réel enjeu de conservation”, précise Jean-Alexandre Fortier. 
  • les insectes pollinisateurs, y compris dans les secteurs urbains. Tous les centres-bourgs seront prospectés afin de mieux connaître les espèces près desquelles nous vivons. 
  • les poissons des marais, avec une méthode jusqu’à présent jamais utilisée par la CDC : l’ADN environnemental. Réalisée à partir du prélèvement d’échantillons d’eau, elle permet d’identifier les êtres vivants qui y résident via la collecte de leurs traces ADN (via la perte d’écailles, les sécrétions…) 

Jouez les apprentis naturalistes

Afin de vous associer à cette démarche et dans un objectif de sensibilisation à l’environnement, des ateliers de médiation scientifique seront organisés en avril. 

Au détour de sorties nature et d’inventaires participatifs, ils porteront notamment sur les pollinisateurs, l’avifaune, le crapaud calamite et la vipère aspic. 

Cette dernière “est discrète et demeure peu connue du grand public”, relève Jean-Alexandre Fortier. “Nous estimons qu’il peut être intéressant d’effectuer de la sensibilisation auprès des riverains.” 

Merci de ne pas entraver le déroulement des opérations 

Pendant toute la durée de cette étude scientifique, des plaques et fanions seront installés (dans les espaces naturels et les bourgs) pour servir de points de repères aux naturalistes. Merci de ne pas les déplacer. 

À savoir : des inventaires seront effectués de nuit. Pas d’inquiétude, donc, si vous croisez des scientifiques équipés de lampes torches !