➡️ Route du Préau entre La Flotte et Saint-Martin-de-Ré
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Élu Président de la Communauté de communes de l’île de Ré depuis le 9 avril 2026, le maire de La Flotte entame un nouveau chapitre de son engagement public. Dans cet entretien, le maire de La Flotte revient sur son parcours, partage sa méthode et esquisse les orientations de son mandat.
À la suite de son élection à la présidence de la Communauté de communes, Jean-Paul Héraudeau nous reçoit dans son nouveau bureau, à Saint-Martin-de-Ré.
J’ai suivi des études agricoles pour devenir technicien. Mais l’évolution du secteur ne m’a pas permis de poursuivre dans cette voie. Je me suis alors orienté vers les travaux publics, avec notamment une expérience de cinq ans en Égypte, sur le chantier du métro du Caire.
Je suis revenu sur l’île de Ré en 1988, avec la volonté de me rapprocher de ma famille. Chez nous, l’attachement à la terre et aux racines est important. Avec mon épouse, nous avons ensuite repris plusieurs commerces, d’abord au Bois-Plage-en-Ré, puis à La Flotte.
Je suis entré au conseil municipal de La Flotte en 1995. J’ai ensuite été premier adjoint en 2001, puis élu maire en 2020. Parallèlement, j’ai exercé des fonctions de vice-président au sein de la Communauté de communes.
Je souhaite aborder ce début de mandat avec méthode. Je ne me vois pas arriver dans une nouvelle maison et décider, seul, des travaux à faire. Je souhaite d’abord connaître les rouages de la Communauté de communes : ses forces, ses moyens financiers, sa matière grise… Je fais confiance aux fonctionnaires. Ils sont les serviteurs du territoire. Cet état des lieux est le premier travail auquel je vais m’atteler pour, dans un second temps, définir des priorités.
La gestion de l’eau est un enjeu stratégique pour notre territoire. Cette ressource se raréfie et nous dépendons d’un approvisionnement venu du continent. Dans ce contexte, la réutilisation des eaux usées traitées est primordiale. En France, moins de 1% des eaux usées traitées sont réutilisées. En Espagne, c’est presque 15 %. En Israël, plus de 80 %… Nous pouvons nous améliorer. À nous d’être précurseurs.
Cet enjeu est d’autant plus central qu’il conditionne l’équilibre entre préservation de l’environnement et maintien de nos activités primaires — agricoles, ostréicoles et salicoles — qu’il est essentiel de soutenir davantage.
Parallèlement, la gestion des déchets reste un enjeu important du quotidien et nous pouvons l’améliorer.
La demande est très élevée, louer coûte cher et construire l’est aussi… Il faut privilégier le logement social ou l’accession sociale à la propriété. Pour cela, la révision du PLUi (Plan local d’urbanisme intercommunal)* va être déterminante. Sans renier le principe du 80-20*, nous devrons cibler des zones où c’est encore possible de faire du logement.
Je suis pour l’intervention totale de la CDC à ce niveau. Et pas seulement pour les projets de plus de 20 logements*. Il y aura des discussions avec les services de la CDC, les élus communautaires ainsi que municipaux.
Je suis attaché aux institutions. Je crois davantage à la démocratie élective qu’à la démocratie participative. Cependant, je considère que, au regard des nombreuses compétences exercées par la CDC, demander aux habitants quelles sont leurs priorités est légitime.
De manière générale, notre collectivité doit être moins anonyme, plus proche des habitants et plus accessible.
Comme un animateur et un facilitateur. Je souhaite impulser une manière de travailler plus partagée et plus collective. L’île de Ré est une grande ville composée de 10 quartiers, même s’ils ont des spécificités.
Nous sommes là pour défendre les intérêts d’une île et de ses habitants. J’attends des vice-présidents qu’ils s’investissent. Notre programme, nous allons le construire ensemble.
Un peu de contexte*
>• « Le Plan local d’urbanisme intercommunal » : il détermine une politique d’aménagement du territoire pour les 10 communes de l’île de Ré. Il fixe les règles d’utilisation du sol sur le territoire et ce, pour chaque parcelle. + d’infos ici.
>• « Le principe du 80-20 » : l’île de Ré est inconstructible à 80 %.
>• « Les projets de plus de 20 logements » : la Communauté de communes intervient pour financer la construction des programmes de 20 logements sociaux et plus. + d’infos ici.