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Depuis sa création en 1995, l’association de défense des écluses à poissons de l’île de Ré (Adepir) œuvre pour la préservation de ces ouvrages et entretient, par la même occasion, la mémoire d’un savoir-faire plusieurs fois centenaire.
Aujourd’hui, l’île de Ré compte une quinzaine d’écluses à poissons, soit 7 de plus qu’il y a 30 ans, en 1995.
Nous sommes loin des 140 ouvrages qui existaient au 20e siècle mais l’île de Ré peut se targuer d’avoir conservé une partie de son patrimoine maritime d’antan. Et elle le doit en bonne partie à l’Adepir, l’association de défense des écluses à poissons de l’île de Ré.
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À vos agendas Pour fêter ses 30 ans, l’Adepir organise une grande fête ce samedi 4 juillet 2026, aux Portes-en-Ré. Au programme : conférences, musique et une expo photo. À noter également qu’elle vient de publier un livre retraçant l’histoire des pêcheries rétaises. |
« Sur l’île de Ré, les écluses à poissons ont près de 1 000 ans d’histoire. Ces ouvrages sont rares en France, développe Dominique Chevillon, le président de l’association.* Et celles que nous reconstruisons sont toutes actives ! »
En d’autres termes, les codétenteurs des écluses y pêchent comme le faisaient les Rétais d’autrefois. « Sur les îles, les mollusques, crustacés et poissons constituaient les seuls apports en protéines. Les écluses jouaient un rôle majeur dans l’alimentation des insulaires. »
Sur la base des ouvrages existants, la restauration des écluses se fait dans le respect des techniques de l’époque.
Un savant empilement de pierres permet d’édifier des murs pouvant atteindre jusqu’à 6 mètres d’épaisseur et 2 mètres de hauteur. Ils sont naturellement consolidés par les huîtres et les balanes qui se fixent sur la roche.
Sous l’effet des houles, des courants et des ondes de marées, ces murs sont régulièrement fragilisés. Une inspection régulière est alors nécessaire pour éviter que les brèches ne s’agrandissent au fil des marées.
Si nécessaire, codétenteurs et bénévoles se mobilisent pour panser les plaies lorsque les coefficients de marée le permettent. Ils doivent être suffisamment élevés pour que les écluses soient découvertes à marée basse. « Parfois, il n’est possible de travailler qu’une poignée de minutes seulement », précise Dominique Chevillon.
Au-delà de leur entretien, l’Adepir veille aussi à transmettre ce patrimoine aux nouvelles générations en organisant des visites tout au long de l’été. Une manière de faire vivre, au présent, un savoir-faire plusieurs fois centenaire.
*Propos et informations recueillies en 2023 pour la rédaction d’un article paru dans le numéro 24 d’îliens, le magazine de la Communauté de communes.