Une mer calme ainsi qu’une main d’œuvre bénévole plus nombreuse et disponible que le reste de l’année : les vacances d'été sont la période idéale pour restaurer les écluses à poisson. Cet été, celle du "trou d'cheu", qui fait l’objet de chantiers participatifs, notamment avec les jeunes des centres ados*, est un exemple de ces monuments historiques en péril. Voici son histoire.
« Le creux du ciel » ou encore « le trou d’cheu » : plusieurs sobriquets désignent cette même écluse coincée entre celles de « la providence » et de « la chiouse », sur la plage de Gros jonc, aux Portes-en-Ré.
Vieille de plus de 260 ans, elle a longtemps ravitaillé les habitants du nord de l’île en sèches, mulets et sardines coincées entre ses murs une fois la marée retirée.
Aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose des 450 mètres de murets qui la constituaient. La faute aux caprices de dame nature.
Le vimer de 1941 puis les tempêtes Martin (1999) et Xynthia (2010), pour ne citer qu’elles, ont ouvert des brèches et dispersé les pierres au large.
Si l’on n’y pêche plus depuis longtemps, on s’y affaire toujours, pourtant.
À la fin des années 2010, après de longues démarches menées par l’association pour la protection du petit patrimoine des Portes (A4P), les affaires maritimes ont autorisé l’entreprise de travaux de reconstruction.
Depuis 2017, ils sont effectués dans le respect des méthodes d’autrefois sous la houlette de Jean-Claude Coureau, le chef d’écluse.
Pour ce Portingalais d’adoption, « si tout va bien, une bonne dizaine d’années » de travail sont nécessaires. « Moi, je suis trop vieux, je ne la verrai probablement pas remise en l’état ».
Ce privilège reviendra peut-être aux adolescents qui épaulent, cet été, le chef d’écluse dans sa mission. L’occasion, au passage, de leur transmettre un savoir-faire plusieurs fois centenaire.