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Jacques Cailleteau a hérité de la maison de ses arrière-grands-parents, à Ars-en-Ré. Restée « dans son jus », elle est un livre ouvert sur la vie quotidienne des Rétais d’autrefois. Raison pour laquelle cet amateur de vieilles pierres a participé à l’inventaire du patrimoine de l’île de Ré*, une démarche qui fera l'objet d'une conférence, le 4 août 2026, sur l'histoire du village d'Ars-en-Ré (lire encadré à la toute fin de cet article).
Temps de lecture : 4 minutes.
Évier en pierre, mobilier du 18e siècle, photographies de famille et gravures de l’artiste casseron Raymond Enard fixées au mur : chaque pan de la maison de Jacques Cailleteau, à Ars-en-Ré, renferme un fragment de vie de ses arrière-grands-parents.
Comme il le fit lors d’un précédent « Inventaire général du patrimoine de l’île de Ré », en 1994, lorsqu’il hébergea les enquêteurs pour faciliter leurs recherches, le propriétaire des lieux a, cette année, ouvert les portes de sa maison pour faciliter le recensement du patrimoine bâti ancien, mené par la Communauté de communes (CDC).
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Pourquoi et comment la CDC recense-t-elle ce patrimoine qui nous rassemble ? Retrouvez toutes les explications relatives à cette démarche en page 4 du dernier numéro du magazine îliens. |
Sans doute parce que, pour Jacques Cailleteau, la vieille demeure ne renferme pas seulement une histoire personnelle : elle est un livre ouvert sur la vie quotidienne d’autrefois dont il faut préserver le souvenir.
Jacques Cailleteau : Cette maison, mes arrière-grands-parents l’ont achetée en 1893. J’y suis venu pour la première fois en 1946, à la fin de la guerre.
Ensuite, j‘y venais pour rendre visite à mes grands-parents.
À la fin de ma carrière (il a travaillé et vécu à Nancy puis à Nantes), il y a une trentaine d’année, j’ai entrepris des travaux afin de m’y installer. Mais, sans la dénaturer.
J’ai perdu mes parents quand j’étais jeune et je suis fils unique. Cette maison représente l’histoire familiale que je n’ai jamais eue. C’est celle de mes ancêtres.
Elle m’obsède littéralement. (Il pointe les portraits de ses arrière-grands-parents) C’étaient des paysans… Comment vivaient-ils ? Que faisaient-ils ? C’était une autre époque… Rien que Sainte-Marie, c’était le bout du monde pour eux !
Cette maison incarne un esprit de résistance, de simplicité, de « juste-ce-qu’il-faut » qu’avaient les anciens.
Absolument ! Aujourd’hui, d’anciennes maisons sont entièrement rénovées et les volets verts sont repeints en gris.
Certes, elles sont plus confortables et leur style est épuré. Mais, d’un point de vue architectural, elles perdent en intérêt.
Pour moi, cette maison incarne un esprit de résistance, de simplicité, de « juste-ce-qu’il-faut » qu’avaient les anciens.
C’est petit et modeste, mais elle a une âme.
Ah… C’est mon drame ! Vous ouvrez une vraie plaie, là.
Je serais désolé si elle devait être dénaturée.
Mon souhait, c’est qu’elle demeure un lieu de vie respectueux de ce qu’était l’île de Ré d’autrefois...
* Le 4 août 2026, une conférence pour mieux connaître l’histoire d’Ars-en-Ré
Recenser, étudier, faire connaître : voilà l’objectif de « l’inventaire du patrimoine » réalisé par la Communauté de communes, tour à tour, dans chacun des 10 villages
Les 10 communes feront l’objet d’un « dossier d’inventaire », mise en ligne gratuitement sur www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr, ainsi que d’une conférence, gratuite et ouverte à tous !
Gratuit, sans inscription. + d’infos au 06 72 18 26 33.