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Avant une conférence le 4 août, 5 infos que vous ignorez sûrement sur l’architecture d’Ars-en-Ré

Depuis plusieurs mois, l'historien Sébastien Chauvel, chargé de mission « inventaire du patrimoine » à la Communauté de communes, recense le patrimoine bâti ancien de l'île de Ré. Premier arrêt : Ars-en-Ré, où son inventaire révèle des détails méconnus sur l'architecture du village. Avant sa conférence du 4 août*, voici 5 curiosités à découvrir.

Temps de lecture : 3 minutes

 

C’est quoi, « l’inventaire du patrimoine » ?

Il consiste à recenser le patrimoine bâti ancien présent sur l’île de Ré. Pour cela, Sébastien Chauvel arpente les rues des villages et se plonge dans les archives. Parce qu’il s’agit d’un service public, ces informations sont ensuite rendues publiques par l’organisation de conférences et la publication de dossiers d’inventaires. Ils seront mis en ligne sur www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr

1 – Rue Thiers : des maisons sur les anciennes fortifications de l’église ?

Situées en face de l’église Saint-Etienne, les maisons de la rue Thiers sont implantées en arc-de-cercle. Pourquoi ? « Cette disposition reprend la forme du mur d’enceinte qui encerclait l’église », avance Sébastien Chauvel.

En effet, au milieu du 15e siècle, avant l’édification de batteries militaires, le célèbre clocher était entouré de fortifications de 2 mètres d’épaisseur. « Nous le savons grâce à des fouilles réalisées dans les années 1990-2000, poursuit l’historien. C’est l’intérêt de l’inventaire en cours de réalisation : mettre à jour et faire connaître des recherches effectuées par d’autres historiens ».

2 – Les angles tronqués et sculptés : une particularité rétaise

Ces murs tronqués existent ailleurs, sur les îles notamment, où la densité des constructions, « des villages-tas », produit des axes de circulation très étroits.

Tronquer les angles des maisons était « une manière de rentabiliser l’espace pour le passage des charrettes », décrypte Sébastien Chauvel.

Bonus : ici, les angles sont également sculptés. « On n’en retrouve moins sur les îles bretonnes ou à Oléron. C’est un marqueur de notre patrimoine bâti. »

3 – Rue du Havre : des maisons témoins d’une saliculture et d’une viticulture florissante

Reliant le port à la place Carnot, elle fut un axe commercial majeur. C’est pourquoi elle abrite de majestueuses demeures de négociants.

« Sur plusieurs niveaux, elles furent construites au 18e siècle et possèdent des portes d’entrée monumentales », commente le chargé de mission « inventaire ».

Particularité arsaise : certains propriétaires exploitaient le sel – logique, à Ars-en-Ré – autant que la vigne, ce qui explique pourquoi les demeures sont particulièrement cossues. « Dans le Sud de l’île, l’activité des riches paysans était moins diversifiée ».

4 – Des maisons construites avec... des galets

Très peu, mais il y en a, si si ! On les trouve notamment rue d’Angleterre.

Purement esthétiques et décoratives, ces constructions sont une traduction rétaise du mouvement architectural « art déco ».

Paris a le cinéma Louxor et le Grand Rex. Ars-en-Ré, les frises en galets. Chacun son style.

5 - Avant les gouttières, il y avait les « larmiers »

Pas exclusifs à la commune d’Ars-en-Ré, ces appuis moulurés et saillants dépassant des fenêtres empêchent l’eau de pluie de couler sur les façades.

« Ça permet de dater les bâtiments facilement, puisque ces ancêtres des gouttières étaient très présents au 17e siècle », précise Sébastien Chauvel.  

À Ars-en-Ré, on en compte plus d’une dizaine, par exemple.

Envie d’en savoir plus ? Rendez-vous le 4 août 2026 pour une conférence !

Pour découvrir d’autres anecdotes et connaître la démarche d’« Inventaire général du patrimoine culturel » en cours de réalisation, rendez-vous le 4 août, de 18h30 à 20h, à la salle des fêtes d’Ars-en-Ré.

Gratuit, entrée libre.