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Les herbiers, des forêts sous-marines efficaces contre le réchauffement climatique ?

Pour le savoir, une équipe de chercheurs a lancé une étude avec l’installation, à la fin du mois d’avril, d’une station micro-météorologique dans le Fier d’Ars. Nous les avons rencontrés pour en savoir plus. 

Les herbiers, sortes de « forêts sous-marines », sont-ils des puits de carbone comparables aux forêts terrestres ?

En théorie oui : on estime qu’1 m2 d’herbier capte presque autant de CO2 qu’1 m2 de forêt. Mais, cette hypothèse reste à confirmer.

De gauche à droite : Nicolas Autigeon, Rozenn Raphalen et Pierre Polsenaere
la station a été installée en avril 2026 dans le Fier d'Ars.

Pour y parvenir, une étude est en cours dans le Fier d’Ars, et plus précisément sur le banc du Gros Sable, où une station micro-météorologique a été installée.

« On manque de données scientifiques pour mesurer la capacité de captation de CO2 des herbiers sur le temps long », pose Rozenn Raphalen. Doctorante, elle réalise sa thèse* sur ce sujet, sous la co-direction de Pierre Polsenaere, chercheur à l’Ifremer, un institut dédié à la connaissance de l’océan.

Mesurer les flux de carbone entre l’herbier et l’atmosphère

Concrètement, la station va permettre de mesurer, de jour comme de nuit et pendant un an, les échanges de CO2  entre l’atmosphère et l’herbier.  

Pour mieux comprendre les données recueillies, les « processus biologiques liés à ces échanges de carbone » seront également analysés, poursuit Rozenn Raphalen.

Autrement dit, il s’agit de comprendre comment les organismes (phytoplancton, zooplancton, macrofaune…) présents dans les herbiers influencent les flux mesurés par la station.

« La formation et la dissolution de coquilles d’huîtres, la respiration des organismes, la photosynthèse des végétaux… Tout cela impacte la production et la captation de carbone », illustre Pierre Polsenaere.

Et ensuite ?

Dans un premier temps, cette étude alimentera les données de la communauté scientifique sur ce sujet jusqu’à présent peu documenté.

Intégrée au projet La Rochelle Territoire Zéro Carbone, elle permettra aussi, comme tout projet de recherche, d’éclairer les politiques publiques.

« L’idée, c’est que les pouvoirs publics s’emparent de ces travaux, résume Pierre Polsenaere. Par exemple, est-ce qu’un herbier capte plus de CO2 qu’une vasière ou un marais ? À quel point peut-on compter sur ces écosystèmes côtiers ? Comment bien les gérer pour qu’ils jouent pleinement leur rôle ? »

Verdict dans un peu plus d’un an.

* La station se situe dans la zone de protection de la réserve naturelle de Lilleau des Niges.

Un milieu aussi riche que fragile

D’une superficie de 275 hectares, l’herbier du Fier d’Ars représente 12% des herbiers du Parc naturel marin.

Refuge d’une importante biodiversité, il n’en demeure pas moins un écosystème fragile et sa fonction « puits de carbone » dépend de son état de santé.

« En France comme ailleurs, ils sont de plus en plus dégradés », observe Pierre Polsenaere. « L’excès d’apports en nutriments via l’agriculture » ou encore « l’apport de contaminants chimiques » peuvent altérer sa capacité de captation et de séquestration de CO2. De la même manière, les sédiments vaseux et leur remaniements, qui rendent l’eau trouble, « peuvent réduire la capacité de photosynthèse des plantes sous-marines. »