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Contre les violences faites aux femmes, elle anime un cercle de parole

Ce vendredi 20 mars 2026, La Maline organise un ciné-débat en marge du film “La maison des femmes”. Plusieurs personnalités engagées contre les violences faites aux femmes y participent, comme Audrey Pereira. Ostéopathe spécialisée en psychosomatique au Bois-Plage-en-Ré, elle anime, chaque mois, un cercle de parole, gratuit et anonyme, réservé aux femmes. Rencontre.

 

Prendre soin des autres, du corps à la tête. Voilà qui résume, au sens propre comme au figuré, la vocation d’Audrey Pereira, ostéopathe au Bois-Plage-en-Ré.

Spécialisée en psychosomatique — ces douleurs influencées par des facteurs psychologiques — elle s’est formée au psychotraumatisme et à la prise en charge des victimes de violences sexuelles.

Depuis octobre 2025, elle organise, le premier lundi de chaque mois, un cercle de parole gratuit et anonyme réservé aux femmes. L’objectif : offrir un espace sécurisé pour extérioriser ses émotions et son vécu.

 

– Comment vous est venue l’idée d’intégrer la dimension psychologique à votre travail et à vous engager contre les violences sexuelles et sexistes ?

Mon parcours m’a amenée à m’ouvrir sur la thérapie verbale car il était important, pour moi, de faire le lien entre le vécu des patients et ce que leur corps verbalisait en termes de douleur. Beaucoup de mes patientes ne sont pas prêtes à entamer une prise en charge thérapeutique mais se confient facilement à moi lors des soins. J’ai constaté un réel besoin de parler, d’être écoutée sans jugement, dans un cadre sécurisant. C’est ce qui m’a poussée à créer ce cercle de parole.

 

– Comment se déroule un cercle de parole ?

On commence par un tour de parole très simple : chacune donne son prénom, sans mentionner sa situation personnelle ou professionnelle. Je rappelle les règles de confidentialité, puis nous prenons un temps d’ancrage, avec une bougie, pour apaiser le mental. Ensuite, à l’aide d’un bâton de parole, chacune s’exprime à tour de rôle. Nous ne sommes pas dans une démarche thérapeutique : il n’y a ni analyse ni conseil. L’idée est de déposer son histoire pour se libérer de quelque chose, d’un poids.

 

Les cercles de parole, en pratique

> Réservés aux femmes de + 18 ans

> Gratuit, en accès libre et sans réservation

> Rendez-vous le premier lundi de chaque mois, à 19h, au centre « Éveil à soi » : 22 avenue de la plage au Bois-Plage-en-Ré.

 

– Il n’y a donc pas de débat ?

Exactement. Les participantes rebondissent sur ce qui a été dit en parlant d’elles-mêmes, de leurs émotions et de leur ressenti corporel. Finalement, on se rend compte que, peu importe l’âge ou d’où l’on vient, il existe une histoire collective.

 

 

Une femme qui ose parler de violences ne le fera pas 10 fois (…) Finalement, on se rend compte que, peu importe l’âge ou d’où l’on vient, il existe une histoire collective.

 

– Ces cercles offrent un espace que les femmes n’ont pas au quotidien ? 

Oui, de manière générale, pouvoir exprimer ce que l’on ressent sans être jugé ou coupé par quelqu’un qui donne des conseils ou son avis est rare. Une femme qui ose parler de violences ne le fera pas 10 fois. 

 

– En plus de l’esprit, quels effets cela peut-il avoir sur le corps ?

Le corps est l’expression du vécu. Les émotions font partie intégrante de nos douleurs. Mais, nous n’avons pas appris à les écouter et à les décrypter. Et si elles sont stockées dans le corps au lieu de circuler, ce dernier en souffre.

 

– Vous arrive-t-il d’orienter vos patientes vers des structures spécialisées dans la prise en charge des victimes ?

Oui, le CIDFF (Centre d’information sur les droits des femmes et des familles) est une référence pour les victimes de violences intrafamiliales. Et pour un suivi thérapeutique sur un passif de violences, le territoire est fourni en professionnels bien formés.

Rendez-vous à La Maline, le vendredi 20 mars 2026, à 19h

> Ciné-débat en marge du film « La maison des femmes » de Mélisa Godet

> Tarif : 4€. Cliquez ici pour réserver.

> Projection suivie d’un débat en présence de :

  • Amandine Tenain, directrice de l’antenne départementale du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles
  • bénévoles de l’association de victimes de violences intrafamiliales de Charente-Maritime.
  • Isabelle Gireaud, élue rochefortaise porteuse du projet de Maison de l’égalité femmes-hommes.
  • Audrey Pereira