Pendant un mois, bénévoles et écogardes de la Communauté de Communes de l’île de Ré ont sécurisé la migration d’amphibiens à Saint-Clément-des-Baleines.



D’un côté, les dunes, lieu d’hivernage des amphibiens. De l’autre, les zones humides de reproduction. Entre les deux, la départementale 101. À Saint-Clément-des-Baleines, cet axe routier est un danger pour les crapauds.

Du 15 février au 18 mars, une barrière de 800 mètres, équipée de seaux-pièges, a permis d’éviter une périlleuse traversée. Chaque matin, dès 4h, les écogardes de la Communauté de Communes ont transporté les amphibiens au plus proche des marais. 

 


Sensibiliser à la protection de la biodiversité

Pendant 32 jours, 25 bénévoles leur ont prêté main forte. « Leur aide a été précieuse. Cet échange est un bon support de sensibilisation à la protection de la biodiversité », indique Simon Baudouin, écogarde référent de l’opération.

Venu à plusieurs reprises, Didier Courtemanche dit avoir beaucoup appris. « Je connaissais peu de choses sur des espèces comme le pélobate ou le calamite, très joli avec sa rayure sur le dos », se souvient cet habitant de Saint-Clément-des-Baleines.

Plaisir partagé par Jean-Paul Payolle, du Bois-Plage. « C’est important de s’intéresser à son environnement et de le protéger, affirme-t-il. Nous avons la chance de vivre sur un territoire préservé. S’engager est une manière de remercier ceux qui le permettent. »

 



Mieux connaître les zones de traversée

Au final, 871 individus ont été sauvés et identifiés. « Cela permet d’en savoir plus sur les populations présentes sur l’île de Ré », souligne Simon Baudouin. Parmi les cinq espèces recensées, 623 pélodytes ponctués (crapauds) ont par exemple été comptés.

Autre enjeu de l’opération : connaître les zones de traversée des amphibiens. L’objectif à long terme est d’installer un crapauduc pour sécuriser leur migration.

« Il nous manque des informations sur une espèce rare : le pélobate cultripède. Il faut s’assurer qu’il traverse la route aux mêmes endroits que les autres », précise l’écogarde. Seuls dix individus ont été capturés puis relâchés. Ils sont environ 500 sur l’île de Ré. « Le pélobate peut ne pas se reproduire pendant trois ou quatre ans ». L’étude devrait être reconduite l’année prochaine.