En juillet, et conformément aux orientations du PLUi, la CdC îl de Ré va s’engager dans un Projet Alimentaire Territorial. Élaboré avec les collectivités de l’Aunis et de La Rochelle, il vise, entre autres, à relocaliser l’agriculture et l’alimentation dans les territoires.



Aux abords des serres des Rondes de Ré, à La Couarde-sur-Mer, producteurs locaux, élus et personnels de la Communauté de Communes (Cdc) se sont réunis en ce début de semaine pour évoquer les contours du futur Projet Alimentaire Territorial (PAT) de l’île de Ré.

 

En juillet, cette convention de partenariat sera signée avec 3 collectivités territoriales du Département : les Communautés de Communes de l’Aunis (Aunis Atlantique et Aunis Sud), et la Communauté d’Agglomération de La Rochelle. Elle vise à favoriser les circuits courts, notamment dans la restauration collective, et permettra de relocaliser l’agriculture dans les territoires en soutenant l’implantation d’agriculteurs. Préservation des ressources, lutte contre le gaspillage, soutien à l’économie locale, promotion d’une alimentation saine… le Plan Alimentaire Territorial répond à des objectifs environnementaux, économiques et sociaux.



Accroître le degré d’autonomie alimentaire

Avec 30% de sa superficie dédiée à l’exploitation agricole et ses 800 hectares de marais exploités, l’île de Ré a des atouts à faire valoir, même si des freins existent. Notamment sur les ressources en eau et “sur le foncier disponible”, fait remarquer Jean-Baptiste Lacombe, maraîcher au Bois-Plage-en-Ré. “Il faut permettre à de nouveaux producteurs de s’installer et aux productions actuelles de s’élargir.”

 

“À l’horizon 2022, nous aurons réalisé un diagnostic des espaces où le maraîchage sera possible, ces données serviront à réviser le PLUi”, réplique Lionel Quillet, Président de la Communauté de Communes de l’île de Ré. “Outre le fait d’avoir de nouveaux exploitants, il faudra diversifier nos productions.”

 

Avec une vingtaine de maraîchers aujourd’hui, le degré d’autonomie alimentaire de l’île de Ré est d’environ 3%. Selon les travaux du Réseau Agricole des Îles Atlantiques, ce degré pourrait nettement s’améliorer compte tenu de la population permanente rétaise (18000 habitants environ). “Nous n’atteindrons pas la suffisance alimentaire, pose Lionel Quillet.  Le PAT est un projet mené avec d’autres territoires. Nous ne faisons pas d’élevage, mais aurons d’autres forces à proposer.”

 

Le service économie de la cdc rencontre déjà les professionnels concernés par le sujet

 

 
Un animateur pour orchestrer ce projet

En concertation avec les professionnels du secteur, l’organisation prochaine des Assises Agricoles de l’île de Ré permettra d’approfondir la réflexion engagée. Après la signature de la convention de partenariat avec les autres collectivités territoriales en juillet, un animateur chargé d’orchestrer ce projet sera recruté. Les actions à mettre en place seront ensuite déterminées à l’horizon 2022.



D’ici-là, sur l’île de Ré, des avancées sont déjà dans les tuyaux. Des rencontres avec des maraîchers de l’île de Ré ont déjà lieu afin d’évaluer leurs besoins. Une réflexion sur un projet d’irrigation de 90ha de parcelles à Sainte-Marie-de-Ré, à partir d’une réutilisation d’eaux usées, est lancée, et un groupe de travail sur la restauration collective va être prochainement constitué.



* Grâce aux travaux du Comité Intercommunal de Gestion de l’Agriculture et de l’Environnement (CIGALE) en 2015-2016, la mise en exploitation de 478 hectares supplémentaires a permis à l’île de Ré de revenir à un niveau d’exploitation agricole proche de celui de 1979.