La CdC est lauréate d’un concours régional pour une étude sur les pollinisateurs. Elle sera menée grâce à l’aide des Rétais.

 

C’est une bonne nouvelle que viennent d'apprendre les écogardes de la CdC. Sans cesse engagés dans la préservation de l’environnement, ils viennent de remporter un appel à projet régional baptisé “Nature et transition” pour une étude sur les pollinisateurs de l’île de Ré.

 

Financée par la Région Nouvelle-Aquitaine à hauteur de 40 000 €, cette étude, qui va durer trois ans, repose sur “les interactions entre pollinisateurs sauvages et abeilles domestiques en espaces naturels”. Surtout, ce projet va mobiliser et concerner de nombreux Rétais.



La concurrence des abeilles domestiques

Peu étudiée, la question des interactions entre pollinisateurs sauvages (abeilles sauvages, guêpes, bourdons…) et abeilles domestiques est plus que jamais dans l’ère du temps. Il est de plus prouvé que ces insectes sont très importants pour la filière agricole et les écosystèmes. “Il y a un réel engouement autour de l’apiculture professionnelle et de nombreux particuliers installent des ruchers dans leur jardin. Or, cela peut poser problème”, observe Anaïs Barbarin, responsable du service environnement à la CdC.

 

“L’abeille domestique est très concurrentielle pour les autres espèces, s’adapte très vite à de nouveaux milieux, mais sa pollinisation est bien moins efficace que celle des pollinisateurs sauvages”, poursuit-elle. Le risque est donc d’accroître la concurrence sur les ressources alimentaires, en particulier sur un territoire comme l’île de Ré où les espaces naturels sont pauvres en plantes mellifères (qui produisent quantité abondante de pollen et de nectar).



Avec l’aide des habitants

Une fois ce constat effectué, l’étude à venir consistera à évaluer l’impact des abeilles domestiques sur les pollinisateurs sauvages et à informer les professionnels ainsi que le grand public sur les enjeux liés aux pollinisateurs sauvages. Elle se déclinera en 5 étapes auxquelles sera associée la population locale (scolaires, particuliers, professionnels).

 

Après une phase d’identification des secteurs de suivi et de leur potentiel mellifère (étape 1), il s’agira d’identifier et quantifier les pollinisateurs qui s’y trouvent afin de définir les ressources dont ils ont besoin. Cette 2e étape est participative puisqu’elle s’appuiera sur une collection de photographies réalisées par des bénévoles. Ces observations permettront d’évaluer la concurrence et la pression des abeilles domestiques sur ces milieux (étape 3) pour, enfin, adapter des mesures de gestion (étape 4) et effectuer un travail de médiation et d’information à destination des scolaires, particuliers, professionnels, pendant toute la durée de l’étude (étape 5).

 

Avec ce projet, la CdC souhaite devenir un territoire pilote concernant l’étude des pollinisateurs sauvages de la façade atlantique et améliorer les connaissances grâce à un protocole scientifique participatif, innovant et facilement reproductible.