L’Ile de Ré est un territoire très exposé aux assauts de l’océan. Du XVIe au XXe siècle, 55 vimers ont été recensés suite à une étude menée par un groupe de scientifiques du CRIHAM (Centre de Recherche Interdisciplinaire en Histoire, Histoire de l’Art et Musicologie) de l’Université de Poitiers. Depuis 1941, il n'y eu aucun vimer significatif jusqu'à Xynthia.

 

 

 
• Le saviez-vous ?

Le mot raz-de-marée, d’origine bretonne, n’est pas utilisé pour parler des tempêtes sur l’Ile de Ré. Ces submersions exceptionnelles sont dites « vimaires » ou « vimers » du latin vis major (force majeure), employé à l’origine dans l’Ouest pour les dégâts subis dans une forêt lors d’intempéries. Si les vimers sont chose courante pour l’Ile de Ré et ses populations (environ 11 événements par siècle), la mention la plus ancienne est rapportée dans le cartulaire de l’abbaye de Saint-Jean l’Orbestier, en Vendée, en 1352.

 

 

• Quelques faits marquants de vimers sur l'Ile de Ré

 

 

22 août 1537 : " Le débord de la mer fut si grand par les tourmentes qu'il faillit de submerger entièrement l'Ile de Ré ..." (extrait du cahier de la mémoire n°75).

 

24 février 1591 : "Il y a eu en l'Ile de Ré grande vimere et débordement d'eau qui a fait grand dommage aux marais, d'autant qu'en ladite nuit les deux mers se sont rassemblées en deux endroits en cette isle, à savoir la mer de la Maison Neuve et vers le Boutillon, la marée ayant monté jusqu'à deux pieds de haut contre la porte de la citadelle qui est sur le havre de Saint-Martin." (N. Herpin, extrait du cahier de la mémoire n°75).

 

1598-1599 : "Le jeudi dernier jour de l'an 1598 il a fait une grande tourmente et temps impétueux... Elle a fait grand dommage à Loix, la mer ayant monté jusqu'au village de Lavaud..." (N. Herpin, extrait du cahier de la mémoire n°75).

 

10 Décembre 1711 : Vimer exceptionnel causant des inondations et de nombreux dégâts (digues abattues, marais salants noyés, pertes de sel...). "La mer monta au-dessus de toutes les limites, les abattit et vint presque à trois toises de cette église, ce qui donna aux habitants de cette paroisse de faire une nouvelle digue dans le chemin devant le Redoute... Toutes les digues des marais des Isleaux, des Richards et du Vieux Port étant détruites les marais furent noyés et les sels perdus..." (M. le curé Le Masson (Les Portes en Ré) - extrait du cahier de la mémoire n°75).

 

22 février 1936 : 40 ruptures de digues sur le canton nord avec submersion des marais. "La tempête du 22 au 23 février provoqua des ruptures dans les levées-digues d'Ars : aux "Habitants", aux "Rouets". Des brèches de 15 mètres et de 5 mètres ayant été ouvertes au Boutillon, 100 ha furent submergés." (extrait du cahier de la mémoire n°75).

 

16 février 1941 : Raz de marée, inondations notables à Loix et aux Portes en Ré. "Ce qui rappelait ce que certains avaient entendu dire du grand vimer de 1711. Bientôt, les eaux montèrent à une telle hauteur qu'elles pénétrèrent dans l'agglomération, d'abord par les écours puis recouvrir des ruelles et des rues, celle de la Prée et celle de la Grenouillère (dont les noms révèlent leur bas niveau) et pénétrèrent en des dépendances des maisons voisines." (extrait du cahier de la mémoire n°75).